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Avortement: le droit de choisir entre le bien et le mal

J’ai  longuement hésité sur le choix thématique à partager avec vous ce mois. J’avais au préalable envie de vous servir une  histoire pétillante, garnie de sensations et d’émotions pour alimenter vos pupilles. L’histoire d’une rencontre dans un bus à l’opposé de celle de l’inconnu du Carrefour.  Suite à un enchaînement d’événements, j’ai décidé de changer de cap, de lancer le voile sur une thématique bien plus sérieuse. Ceci parce que parfois, on traverse des  événements qui nous change, notre vision du monde avec.

Vous parler de ces événements exige que je remonte l’horloge temporelle. En réalité, il y a plus de  cinq années déjà, la ville de Dschang, s’est retrouvée prise d’assaut par une histoire troublante. Un matin, le corps sans vie d’un jeune moto-taximen a été repêché dans le lac municipal. Ses vêtements soigneusement posés sur le bord, ce jeune avait  pris soin de se défaire de ses vêtements avant de se jeter la tête la première sous l’eau. Il avait retrouvé deux heures heures plus tôt sa petite amie baignant dans son propre sang. Il l’avait encouragé à se défaire d’un fœtus « encombrant », qui lui a coûté la vie. Incapable de supporter le poids de la culpabilité, il s’était jeté à l’eau.

Une autre ado  a soustrait de son être, le fœtus fixé dans son utérus à l’aide d’une fourchette. En réalité,  il est très facile de donner un avis sur ce sujet. Surtout lorsque ces personnes ne sont pas nos proches. Ces histoires ont cessé d’être ordinaires pour moi.  Depuis la semaine dernière où j’ai retrouvé une jeune ami à moi complètement défigurée.  Les yeux pratiquement délogés de leur cavité. Le corps desséché par une perte excessive de sang. Ce jour, après l’avoir suffisamment observé, écrire sur l’avortement m’est apparue comme une évidence.

Tu ne tueras points, Exode 20,13

L’avortement reste toujours un sujet aussi complexe. L’évolution des mœurs n’endigue rien sur les croyances et les perceptions. Au contraire, les choses sont claires. Elles sont d’autant plus claires qu’elles sont soutenues par la Bible.   Et la parole de Dieu est clair à ce sujet: « tu ne tueras point » (Exode 20, 13) .

Pour les chrétiens, accomplir la volonté de Dieu est un impératif absolu. Cependant, est ce qu’on respecte toujours Sa volonté?  En tant que chrétienne engagée, il m’est impossible de répondre par l’affirmative. Quand j’examine ma vie de foi, je me rends compte que Sa volonté n’est pas toujours au cœur de mes choix. Et je crois ne pas être la seule dans cette situation. En baladant mon regard un peu plus loin, je  suis tombée sur le reportage réalisé par France 24. Au cœur de ce reportage, la situation des prélats pédophiles.

Un reportage qui a fait jaillir en moi, une série de questions. En quoi  ces multiples cas de pédophilies des prêtres sont plus tolérables que l’avortement?  Ces prêtres pédophiles ont été longtemps couverts par l’église. Leur mauvaiseté a été caché au monde. Mais cela n’a pas empêché à ces mêmes prélats de huer l’avortement.   A quel moment l’abus sexuel est devenu moins grave que l’avortement aux yeux de Dieu? En quoi, les escroqueries exacerbées de certains pasteurs, bergers du Seigneur et garants de Sa Parole sont devenues plus moralement acceptables? Le nombre de fidèles de ces pasteurs est suffisamment éloquent.

Et si nous étions tous complices?

L’idée n’est pas de faire de comparaisons, ou de faire un procès de l’église. Je voudrais juste questionner ce bon sens que Descartes considérait comme la chose du monde la mieux partagée. Car, en ce qui me concerne, refuser ce droit à l’avortement c’est être complice ou des auteurs passifs de tous ces décès issus des avortements clandestins. Ce sont des morts que l’on aurait pu éviter, des vies qu’on aurait pu préserver.

Cet article n’a pas pour vocation de soutenir l’avortement. Je voudrais juste qu’une réflexion soit menée autour de ce que les femmes et filles sont prêtes à faire pour se séparer d’une grossesse qu’elles ne veulent pas. De l’insertion des objets pointus et tranchants dans l’organe génitale (fourchettes, cuillères, bâtons etc.) à la consommation des substances médicamenteuses nocives pour leur santé. Les méthodes pour faire recours à un avortement clandestin sont nombreuses. Et la plus part de temps, ils exposent les personnes qui y font recours à une mort certaine.

Le droit de décider entre le bien et le mal

Je me pose régulièrement la question de savoir pourquoi Dieu nous a doté des facultés de décision et de jugement. Et voici la réponse commune constamment reçue: Dieu a doté chaque être de raison afin qu’il puisse choisir librement entre le bien et le mal. Il nous a délibérément donné le droit de décider. Et c’est ce droit que je voudrais qu’on accorde à la femme aujourd’hui. Le droit d’avoir le choix de se défaire ou pas d’une grossesse. En leur donné accès au service sanitaire de qualité pour exercer ce droit. Le jugement sur la justesse de cet acte, appartient à mon avis à Dieu. Le seul qui a autorité pour juger d’une action.

Pour ceux qui ne crois pas en Dieu, je dirai qu’il serait plus juste et équitable de permettre aux femmes d’opérer ce choix quitte à définir les conditions et les périodes légales d’autorisation de cet avortement. Car qu’on le veuille ou pas, une femme lorsqu’elle  décide de se défaire d’une grossesse, tous les moyens seront bons pour y parvenir. Il s’agit juste de leur permettre de le faire dans de meilleurs conditions sanitaires.

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